Namibie: Officialisation de la commémoration du génocide des Hereros et des Namas

Ce 28 mai marque une date importante dans l’histoire de la Namibie. Le pays a officiellement décidé d’institutionnaliser la commémoration du génocide des Hereros et des Namas, une tragédie qui a profondément marqué le peuple namibien.

Entre 1890 et 1908, les forces coloniales allemandes ont mené une répression brutale contre ces deux communautés, provoquant la mort de dizaines de milliers de personnes. Ce chapitre douloureux est souvent considéré comme l’un des premiers génocides du XXe siècle. En reconnaissant officiellement cette période sombre, la Namibie fait un pas de plus vers le devoir de mémoire et la reconnaissance des souffrances endurées par ses ancêtres.

Après ce génocide, le territoire, encore sous domination étrangère, est confié à l’Union sud-africaine par la Société des Nations, à la suite de la Première Guerre mondiale. Malheureusement, cette nouvelle administration n’a pas apporté la paix. Au contraire, le régime sud-africain a imposé un système de ségrégation raciale, similaire à l’apartheid, qui a privé les populations noires de leurs terres et de leurs droits fondamentaux.

Dans les années 1970, la situation devient de plus en plus tendue. En décembre 1971, une grève massive des travailleurs Ovambos éclate. Ces derniers protestent contre des conditions de travail très dures, comparables à de l’esclavage moderne. Les ouvriers, souvent déplacés par camions vers des chantiers éloignés, vivaient dans des conditions inhumaines, entassés dans des dortoirs insalubres.

Face à cette crise, l’Organisation des Nations Unies réagit. En mars 1972, le Secrétaire général de l’ONU de l’époque, le Dr Kurt Waldheim, se rend en Afrique du Sud-Ouest, alors que le mandat sud-africain avait déjà été révoqué en 1966. L’ONU avait d’ailleurs reconnu en 1973 le mouvement SWAPO (South West Africa People’s Organisation) comme le seul représentant légitime du peuple namibien.

La lutte pour l’indépendance se poursuit. En 1974, la SWAPO lance une guérilla armée contre l’occupation sud-africaine. Ce conflit durera plusieurs années, avant qu’un cessez-le-feu ne soit obtenu. Après un long processus de négociations et les accords de Brazzaville, la Namibie finit par obtenir son indépendance le 21 mars 1990.

Aujourd’hui, la décision d’officialiser la commémoration du génocide est un symbole fort. Elle montre que la Namibie ne veut pas oublier son passé, mais plutôt s’en servir pour bâtir un avenir plus juste et plus solidaire. En reconnaissant ces événements, le pays honore la mémoire des victimes et renforce son identité nationale.


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